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Cette année nous avons entrepris une campagne de sondages dans la zone Ouest de l’église abbatiale avec pour objectifs de trouver les fondations de la façade, des sols en place et de préciser les relations stratigraphiques avec les élévations de la nef et de l’entrée du troglodyte.

Dans l’angle nord-ouest de la nef, nous avons identifié le chaînage de liaison entre le mur Nord et la façade, composé de blocs de grands appareils finement taillés. De plus, nous avons retrouvé les fondations du bénitier mentionné en 1790 « Dans le fond de la grande nef et presque en entrant existe, savoir à gauche, un bénitier en pierre marbrée autour du bassin incrusté dans le mur... ».

Le long du mur nord, nous sommes retombés sur l’extrémité des fouilles du XIXème, ce sondage peu documenté dans les archives ne montrait qu’une zone blanche. Au fond de la fouille subsistent au moins quatre fosses funéraires médiévales, dont une seule avec la sépulture en place.

Cette fouille ancienne nous a permis d’avoir une coupe stratigraphique complète depuis le sol du XVIIIeme de chaux sur terre battue, jusqu’au substrat calcaire. L’étude des différentes couches montre une succession de remblais peu épais, avec un sol de carreaux très dégradé et un niveau de travail médiéval.

La façade très peu conservée a été presque entièrement récupérée, ne reste qu’une assise et l’aménagement de la porte d’entrée. Cette porte comportait un diverticule en quart de cercle, qui peut correspondre à la description d’une « porte pratiquée dans un tambour ».

Le seuil a été rehaussé à l’époque moderne, au moins quatre niveaux de sols ont fonctionné, dont un avec un dallage en dalles et carreaux de réemploi.

Restitution du seuil et de la porte d'entrée.

A l’extérieur devant l’église, un premier niveau de sol de cailloutis et de fragments de tuile doit être contemporain de la construction, il repose sur l’affleurement calcaire. Deux autres sols lui ont succédé, dont un composé d’un épais béton de chaux à une altitude proche des deux sols les plus récents de l’église.

Nous avons vidé le bas de l’escalier d’accès au troglodyte jusqu’au sol calcaire dans lequel est aménagé 3 marches, et donnait une hauteur d’au moins 1,8 m à la cavité. La première colonne est bien de taille romane, mais semble un réemploi, par contre nous avons retrouvé la trace sur la voûte de l’insertion d’une seconde colonne maçonnée avec un mortier coquillier.

La façade romane était en partie au-dessus de la cavité dans sa partie annulaire, d’où la nécessité d’un confortement. Le transept étant plus ancien, les constructeurs ont cherché à exploiter le maximum de longueur pour implanter la nef avec cette contrainte. Les fondations reposent sur l’affleurement du plateau calcaire qui est plan dans la zone observée.

Nous interprétons le troglodyte comme étant un aménagement au minimum contemporain de la première phase de construction de l’abbaye, lieux pouvant servir de cave de stockage, mais ne comportant pas de caractéristique d’obstruction défensif d’un souterrain refuge.

Au XIIe siècle, le niveau de cette partie sud de l’île était plus bas, le niveau actuel étant formé par un remblai de terre végétale reposant sur des déblais de démolition.

Des prélèvements et analyses de mortiers pourraient apporter des précisions complémentaires sur la datation relative des structures mise à jour. Les sondages et structures ont été numérisés en 3D.

Visite virtuelle des sondages
Modélisation 3D par photogrammétrie - MaineCrea3D